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Jack - Jack Audio Connection Kit

Jack (en ligne de commande) est un peu compliqué à installer/paramétrer. Allez voir cette page pour qjackctl, une interface graphique à jackd.

Il existe dans Ubuntu de nombreuses applications dédiées à la création musicale. Il est ainsi possible de faire de l'enregistrement audio multipiste et du MIDI simultanément, le tout avec quelques effets temps réel (réverbération, chorus, flanger, etc.) et des instruments virtuels comme une boîte à rythmes ou un piano dans un lecteur d'échantillons SoundFonts. On trouve aussi des choses plus marginales telles accordeur d'instrument, racks d'effets temps réel (type rack d'effets de guitare) ou clavier MIDI virtuel. Tout ceci est à quelques clics de l'utilisateur, encore faut-il configurer son système de manière à pouvoir profiter pleinement de toutes ces belles choses…

Attention : on suppose dans cette page que vous avez correctement configuré votre (vos) carte(s) son avec l'ALSA (voir la page son).

Jetez un œil sur Ubuntu Studio, une variante d'Ubuntu qui intègre tous les outils nécessaires à la MAO, dont jackd.

Jackd

Présentation

Impossible actuellement de prétendre faire de la MAO (musique assistée par ordinateur) sans installer jackd au préalable. Jackd est un des serveurs de sons disponibles dans Linux, il y a de brèves explications sur cette page du wiki : Les serveurs de sons. Jackd a l'avantage sur ses concurrents d'être taillé pour l'audio en temps réel et, surtout, d'être utilisé par presque toutes les applications plus ou moins orientées MAO.

Jackd est indispensable pour lier virtuellement les différents programmes manipulant le son entre eux. Exactement comme l'on pourrait se servir de prises Jack avec des machines dédiés.
Le but de Jackd est donc de vous permettre des interactions entres les programmes poussés.

Installer Jackd

Installer jackd, c'est facile : il suffit d'installer le paquet jackd.

Notez bien que le paquet porte le d à la fin car il existe aussi un paquet jack sans rapport avec notre serveur jackd

Parfait, sauf que ceci ne permet pas de faire de l'audio temps réel car, par défaut, sur un ordinateur de bureau, aucune application n'a besoin du temps réel. Or si on n'active pas le temps réel, on aura inévitablement de brèves coupures de flux audio, ce qui est moche dans une chanson !

Activer la priorité temps réel

Le matériel sonore utilisé en MAO possède une faible latence, d'ailleurs exploitée par Jack. Cette faible latence laisse moins de temps à votre processeur pour traiter des instructions qui, d'habitude, sont effectuées sans contraintes temporelles. Jack signale ces retards de traitement par des XRUN qui se traduisent par des micro-coupures du son sur les ordinateurs peu puissants ou si le système est très occupé. Pour éviter cela, il y a la solution "temps réel". Le noyau temps-réel a pour principe d'assurer que les instructions effectuées par votre machine se feront en un temps bien déterminé. Lorsque vous lancez Jack en priorité temps réel, vous lui garantissez que le traitement qu'il demande sera effectué dans le temps qu'il demande ;-) A noter qu'un noyau temps réel ne réduit ni n'accroît la latence, celle ci reste dépendante de votre matériel, de la couche sonore que vous utilisez, et de vos paramètres.

Depuis Lucid (10.04 LTS), le noyau temps réel linux-lowlatency n'est plus développé. Il semble que les fonctionnalités temps réel soient peu à peu implémentées dans le noyau générique. A partir d'Ubuntu 12.04, le noyau en temps réel linux-rt est complètement implanté dans le noyau ! Cette étape n'est donc plus nécessaire.

Mais il faudra tout de même activer le temps réel lors de l'installation de Jackd2 pour bénéficier des latences les plus faibles possibles.

Autoriser les applications audio a utiliser le temps réel

Avec la version 12.04, la seule modification à faire est d'ajouter l'utilisateur dans le groupe audio (sudo gpasswd -a nom_utilisateur audio), puis de redémarrer la session pour prendre en compte les changements.

La modification du fichier /etc/security/limits.d/audio.conf est faite pendant l'installation.

Il faut modifier en tant qu'administrateur le fichier qui donne aux applications audio le droit d'accéder au temps réel. Cette opération n'est pas indispensable, mais vous pouvez vous pencher dessus si vous avez quelques problèmes.

Ouvrez le fichier /etc/security/limits.conf.

Puis ajoutez à la fin du fichier les lignes suivantes :

# Support Temps réel pour le groupe audio
@audio  -  rtprio   99
@audio  -  nice	    -10
@audio  -  memlock  250000

Attention : il vous faudra redémarrer (avec le noyau temps réel) pour que ces changements prennent effet.

Vous pourrez trouver plus d'informations sur la configuration de PAM sur le site de linuxmao

Lancer le serveur Jack

Poussez-vous, j'arrive !

Tout est en place pour lancer le serveur jack. Sauf qu'il faut une carte son disponible, ce qui n'est pas forcément le cas si vous êtes dans Gnome ou KDE. En effet, le serveur de son respectif de chaque environnement (esd, arts ou pulseaudio) a tendance à accaparer la carte son, de sorte qu'on ne peut plus l'utiliser pour Jack… Quatre solutions s'offrent alors :

  1. tuer le serveur son de l'environnement, à l'aide d'un killall esd ou d'un killall arts ou encore d'un killall pulseaudio
  2. configurer le serveur Jack afin qu'il tue le processus esd, arts ou pulseaudio au démarrage et qu'il tue Jackd à la sortie 2. script de démarrage: killall pulseaudio / script après extinction: killall jackd
  3. utiliser un environnement sans serveur de son ! (XFCE semble être le plus adapté)
  4. Lancer KControl si on est sous KDE (ou Système > Préférences > Son sur GNOME) pour y "éteindre" son sytème de sons (solution adaptée a ceux qui utiliseront modérément les applications pour lesquelles jackd est nécessaire. Il faudra juste penser à le remettre en fonctionnement à la fin).

Pour empêcher le redémarrage intempestif de Pulseaudio, éditez le fichier /etc/pulse/client.conf et ajoutez-y "autospawn = no"

Chaque solution a ses avantages et ses inconvénients. Bien sûr, si vous avez deux cartes son, vous pouvez presque oublier le problème : chaque serveur de son sa carte ! Dans le premier cas, l'environnement n'émet plus de son, donc les applications multimédia non plus ! Cependant il existe un grand nombre de lecteurs audio et vidéo qui peuvent rediriger leur sortie vers jack une fois les bons paquets installés (chercher les paquets en "-jack" dans Synaptic), il ne faut juste pas passer son temps à changer de serveur de son… Dans le deuxième cas, tout marche, à tel point que si on change de bureau virtuel, ça émet un son en plein milieu du morceau qu'on enregistre !!! Dans le troisième cas, il faut prévoir de lancer automatiquement jack à l'ouverture de session afin que les applications multimédia (lecteurs audio par exemple) puissent encore servir à quelque chose !

Vous l'avez compris, j'ai une carte audio haut de gamme en plus de celle intégrée à la carte mère : l'environnement joue sur la carte mère, jack sur la carte audio digne de ce nom !

Pour être exhaustif, signalons que l'on peut configurer le système audio plus finement comme expliqué à la page Installation du son. Cependant l'objectif de cet article est d'aller le plus directement au but afin de vite découvrir les nombreuses possibilités de Linux en matière de création musicale, on se contentera donc ici des solutions simples évoquées.

Remarque : les deux commandes suivantes permettent de savoir quels processus utilisent la (les) carte(s) son

lsof +D /dev/dsp 
lsof +D /dev/snd

respectivement pour les applications OSS et pour les applications ALSA. Dans le cas de plusieurs cartes son, il y aura aussi un /dev/dsp1, un /dev/dsp2 etc.

Lancement

A nouveau il y a plusieurs possibilités. La classique ligne de commande et l'interface graphique. En ligne de commande, ça donne un truc du genre :

jackd -sRp 70 -d alsa -d hw:1 -r 44100 -H -z s &

Ce qui lance le serveur jack en temp réel priorité 70, sur le pilote ALSA et la deuxième carte son, en 44.1kHz avec un dithering de type shaped (sert à diminuer le bruit de quantification). Consulter l'aide de jack pour savoir quelles options utiliser. Notez bien qu'il n'y a pas de sudo maintenant.

Toute la question, lorsqu'on a plusieurs cartes son, est de savoir quel est le bon numéro de carte. Pour cela, un petit :

aplay -l

dit tout sur les cartes son disponibles. Pour info aplaymidi -l fait la même chose avec les périphériques MIDI.

En mode graphique, on peut par exemple utiliser qjackctl du paquet du même nom dans l'archive universe. Une fois lancé, il faut cliquer sur le bouton "Setup" pour accéder à l'interface qui règle les paramètres de démarrage du serveur jack (onglet "Settings"). Dans l'onglet "Misc", on a la possibilité de demander à Qjackctl de lancer le serveur automatiquement quand il démarre. On peut ensuite cliquer le bouton "Start" et apprécier d'éventuels messages d'erreur dans la fenêtre "Messages" (bouton du même nom).

Pour vérifier que ça sort du son, un petit LA 440 :

ecasound -f:32,1,44100 -i null -o jack_alsa,<myport> -b:1024 -el:sine_fcac,440,1

On n'oubliera pas de remplacer <myport> par le numéro d'une sortie audio ! (par exemple hw:0)

Pour tester cette commande, il faut avoir au préalable installé les paquets ecasound et jack-rack :

sudo apt-get install jack-rack ecasound

Ça marche pas !

Aïe, jack vous insulte en disant que le pilote ALSA n'a pas pu être chargé… Certainement que le temps réel n'est pas correctement configuré. Tester jack sans priorité temps réel pour voir, avec cette commande :

jackd -s -d alsa -d hw:0 -r 44100 -H -z s &

Si c'est bon, c'est que le temps réel n'est pas disponible. Il faut alors vérifier les points suivants :

Le module realtime-lsm est-il chargé ?

Pour le savoir :

lsmod | grep realtime

doit retourner les modules "realtime" et "commoncap".

Appartiens-je au groupe audio ?

Pour le savoir :

groups

doit retourner une liste contenant "audio".

Le module realtime-lsm est-il correctement configuré ?

Pour le savoir :

cat /etc/default/realtime | grep 29

doit retourner PARAMETERS="gid=29" + éventuellement d'autres paramètres. S'il y a "any", il faut qu'il valle 1, sinon ça complique inutilement la configuration (il faut définir une à une les applications qui ont droit au temps réel…).

Même sans le temps réel, ça marche pas !

N'y aurait-il pas encore un esd ou un arts qui occuperait la carte ? Pour le savoir :

ps -A | grep esd
ps -A | grep artsd

doivent toutes les deux retourner une chaîne vide. Si ce n'est pas le cas et que vous n'avez qu'une carte son, ne cherchez pas plus loin !

Je n'ai pas de ports MIDI !

Il faut alors vérifier que les modules MIDI du noyau sont chargés :

lsmod | grep midi

S'il n'y a pas snd_seq_midi, ça va effectivement être dur de faire tourner un séquenceur MIDI… Dans ce cas, il faut forcer le noyau à charger les modules au démarrage en éditant le fichier /etc/modules et en ajoutant la ligne suivante :

snd_seq_midi

Et pour éviter de redémarrer la machine tout de suite (après tout on n'est pas sous Windows !), il suffit d'entrer la commande suivante :

sudo modprobe snd_seq_midi

Et après ?

Bienvenue dans la MAO sous Linux !

Lorsqu'on a lancé plusieurs applications audio, il faut ensuite connecter leurs flux audio et MIDI : machin enregistre truc, ressort dans bidule etc. Là encore qjackctl s'avère de bon secours, bien qu'il ne soit pas parfait pour cette opération. En cliquant sur son bouton "Connect", on affiche l'interface qui permet de tirer des câbles audio ou MIDI entre les différents ports des applications ou des périphériques audio ou MIDI.

Quelles applications utiliser ?

Fouillez dans la section Son et Vidéo de la Logithèque, il y a de quoi faire. Voici une petite sélection de logiciels:

Citons enfin le séquenceur LMMS qui arrive fraîchement de Debian par les backports Ubuntu Breezy et le séquenceur Wired basé sur portaudio. Il paraît que la concurrence stimule l'innovation, ça promet… Enfin nombreux sont les éditeurs de sons disponibles et qui permettront par exemple de convertir un fichier 32 bits stéréo en "wav" 16 bits / 44.1 kHz puis en "mp3" ou en "ogg", plus pratiques pour la diffusion.

Pour aller plus loin...

Optimiser le système

On peut chercher à optimiser son système afin de libérer un maximum de ressources et donc faire tourner un maximum d'applications audio en même temps. Il faut bien dire que les effets du type réverbération ou encore les lecteurs d'échantillons sont particulièrement gourmands en ressources. Les pistes à suivre :

  • désactiver voire désinstaller les services inutiles, il y a pas mal de littérature sur le sujet sur le net (chez Léa par exemple)
  • désactiver le chargement des modules OSS car on va plutôt utiliser le système ALSA (voir plus bas)
  • utiliser un environnement graphique plus léger : abandonner Unity, Gnome ou KDE pour Fluxbox, LXDE, Enlightenment ou Xfce.
  • accélérer les accès au disque dur
  • n'oubliez pas que la mémoire RAM ne coûte plus grand chose et méfiez-vous des tâches de maintenance du système qui démarrent environ 10 minutes après l'allumage du PC !

Pour le deuxième point, la méthode consiste à éliminer les paquets en "-oss" dans Synaptic, installer ceux en "-alsa" et éventuellement en "-jack" si ce n'est déjà fait, puis à éditer les fichiers /etc/modprobe.d/alsa-base et /etc/modutils/alsa-base afin d'éliminer le chargement des modules OSS (dont le nom est en "-oss" !). Il ne faut pas ensuite oublier d'exécuter la commande "update-modules".

Pour régler son système au poil, on trouvera pas mal d'informations sur les sites de Jack et de Planet CCRMA listés au chapitre suivant - bien que le second soit focalisé sur Fedora ;-) .

Utiliser DSSI, le VSTi de Linux

DSSI est une architecture qui permet de créer des plugins de synthétiseurs virtuels exactement comme les VSTi de Steinberg. Il existe d'ailleurs un plugin qui permet d'utiliser un VSTi dans Wine par DSSI… Comble de bonheur, le séquenceur Rosegarden supporte DSSI. On accède dans Rosegarden à la liste des plugins disponible dans le menu Composition → Studio → Gérer les plugins. Le malheur, c'est que DSSI n'est pas supporté par Ubuntu, ni par Debian d'ailleurs (seule Demudi semble s'y être atelée). Donc on ne voit rien dans la liste des plugins disponibles… Il y a deux raisons à cela :

  1. il n'y a pas de plugin DSSI installé ni installable !
  2. Rosegarden ne compile le support DSSI que si DSSI est installé !

Ainsi pour profiter de DSSI, il faut tout compiler, à la main… Pour les courageux voici donc ce que j'ai réussi à compiler sur Breezy AMD64 et les bibliothèques requises :

  • DSSI-0.9.1 → ladspa-sdk, libasound2-dev
  • fluidsynth-dssi-0.9.1 → liblo-dev, libfluidsynth-dev, ladcca-dev
  • sineshaper-0.4.2 → ligtkmm-2.4-dev, libglademm-2.4-dev
  • whysynth-20051005
  • xsynth-dssi-0.9.0

Par contre hexter-0.5.8 a échoué. Pour Rosegarden, le mieux puisqu'il existe un paquet Ubuntu est de demander à apt-get de le recompiler. Pour cela il faut activer les dépôts de paquets source dans /etc/apt/source.list (donc enlever le # devant chaque ligne débuttant par deb-src). Ensuite, il faut installer quelques paquets manquant : automake-1.7, liblrdf0-dev et dpatch. Enfin la recompilation de Rosegarden se fait en 2 commandes et pas mal de patience (la compilation est longue). Pour résumer :

sudo nano /etc/apt/source.list
  <décommenter les lignes qu'il faut et sauver le fichier !>
sudo apt-get install automake-1.7 liblrdf0-dev dpatch
sudo apt-get -b source rosegarden4
sudo dpkg -i rosegarden4_1.0-1ubuntu3_<arch>.deb

Bon je dois avouer que mon Rosegarden ainsi recompilé plante (Ubuntu/Breezy AMD64) alors que ça marche sous Debian Sarge x86… Peut-être que d'autres seront plus doués ?

Liens utiles

—- Contributeur : jmp omega02 sonal aurelien88.



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