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LVM, une autre manière de partitionner

Introduction

LVM (Logical Volume Manager, ou gestionnaire de volumes logiques en français) permet la création et la gestion de volume logique sous Linux. L'utilisation de volumes logiques remplace en quelque sorte le partitionnement des disques. C'est un système beaucoup plus souple, qui permet par exemple de diminuer la taille d'un système de fichier pour pouvoir en agrandir un autre, sans se préoccuper de leur emplacement sur le disque.

Avantages de LVM

  • Il n'y a pas de limitations « étranges » comme avec les partitions (primaire, étendue, etc.).
  • On ne se préoccupe plus de l'emplacement exact des données.
  • On peut conserver quelques giga-octets de libres pour pouvoir les ajouter n'importe où et n'importe quand.
  • Les opérations de redimensionnement deviennent quasiment sans risques, contrairement au redimensionnement des partitions.

Inconvénients de LVM

  • Si un des volumes physiques devient HS, alors c'est l'ensemble des volumes logiques qui utilisent ce volume physique qui sont perdus. Pour éviter ce désastre, il faudra utiliser LVM sur des disques raid par exemple.

Depuis Intrepid, il existe le paquet system-config-lvm dans les dépôts Universe, qui propose une interface graphique.

But de ce document

Découvrir le principe de LVM, créer un ou deux volumes logiques sans modifier son système existant.

La « conversion » de son système pour le migrer entièrement vers LVM ne fait donc pas partie de ce document pour l'instant, mais au moins, vous aurez les bases pour le faire. ;-)

Pré-requis

  • Un disque ou une partition libre.
  • Ne pas avoir peur de la ligne de commande.

Installation

Installez le paquet lvm2. Ok j'avoue, c'était la partie la plus facile. Maintenant, avant d'utiliser réellement LVM, il faut comprendre un peu de vocabulaire. Ne vous inquiétez pas si tout n'est pas encore très clair, ça viendra au fur et à mesure, en passant à la pratique.

Notions et vocabulaire

Volume physique

Un volume physique ou « PV » pour « physical volume » est tout simplement un disque ou une partition. Bref, c'est un espace de stockage bien réel (autrement dit un périphérique de la forme /dev/sda2 par exemple), que l'on va confier à LVM. Bien évidemment, tout ce qui était présent sur la partition sera effacé.

Un groupe de volumes ou « VG » pour « volume group » est, comme son nom l'indique, un ensemble de volumes physiques. On a donc un ou plusieurs volumes physiques dans un groupe de volumes, et pour utiliser LVM, il faut obligatoirement au moins un groupe de volumes. Habituellement, sur les gros serveurs, on essaye de regrouper les disques en fonction de leur caractéristiques (capacités, performances, etc.). Pour un particulier, le fait de mettre plusieurs disques dans un même groupe de volume peut permettre « d'étaler » un système de fichiers sur plusieurs disques, et d'avoir donc /home par exemple qui utiliserait 2 disques. Une telle configuration est tout de même assez dangereuse en cas de perte d'un disque… De plus, cela n'apporterait aucun gain de performance contrairement à du RAID-0 par exemple. :)

Volume logique

Un volume logique ou « LV » pour « logical volume » est ce que nous allons utiliser au final. Un volume logique est un espace « quelque part dans un groupe de volume » où l'on peut mettre un système de fichiers. C'est donc ce qui remplace les partitions. On peut donc utiliser un volume logique pour mettre la mémoire virtuelle, un pour /home, "/", etc.

Évitez de mettre "/boot/" dans un LVM.

Cela peut encore poser des problémes pour le démarrage du systéme.

On peut y mettre a peu prés tout … mais il vaux mieux éviter d'y mettre "/boot". Techniquement, ça doit fonctionner à peu près correctement depuis Grub 2, mais cela est encore sensible suivant la configuration (et perdre la capacité de démarrer est … génant), pour le moment il est vivement conseillé d'avoir au moins une partition de l'ancien temps avec "/boot" (ou "/" si le dossier "/boot" n'est pas séparé) pour éviter les ennuis.

Synthèse graphique

On peut voir les choses ainsi :

Création

Bien, passons à la pratique !

Puisque nous allons entrer toutes les commandes à venir en tant que root, je vous conseille de passer root « une bonne fois pour toutes » :

sudo -i

Voilà : le prompt est maintenant en mode root « # », cela nous évitera d'avoir à préfixer chaque commande par sudo.

Bonne nouvelle, les commandes LVM sont extrêmement simples à utiliser, et elles intègrent toutes une aide en ligne très bien conçue, claire, courte, mais suffisante. De plus, leurs noms se « devinent » assez facilement :

  • toutes les commandes agissant sur les volumes physiques commencent par pv (pour physical volume);
  • toutes les commandes agissant sur les groupes de volumes commencent par vg (pour volumes group);
  • toutes les commandes agissant sur les volumes logiques commencent par lv (pour logical volume).

La première chose à faire est de créer un volume physique, en attribuant une partition à LVM.

Essayez la commande suivante pour connaître la liste des commandes disponibles pour les volumes physiques :

man -k ^pv

Parmi toutes les commandes renvoyées, on remarque une « pvcreate », ça doit être celle-là… ;-) Cette astuce fonctionne avec toutes les commandes LVM et permet de les retrouver facilement.

Disque physique

J'utilise /dev/sdc1 pour l'exemple, adaptez à votre cas ! Toutes les données de cette partition seront effacées !

Même si ce n'est pas techniquement obligatoire, il est bon de définir correctement le type de la partition /dev/sdc1. Celui-ci devrait être Linux LVM, c-à-d. un code 8E sous fdisk (8E00 sous gdisk sinon activer le drapeau lvm avec les outils basés sur libparted)

pvcreate /dev/sdc1

Si tout s'est bien passé, aucun message d'erreur n'apparaît.

Si vous obtenez le message « No program "pvcreate" found for your current version of LVM. », c'est que le service LVM n'est pas actif. Lancez-le avec la commande suivante :

/etc/init.d/lvm start

Si votre distribution est récente, il est probable que cela ne soit pas nécessaire. La prise en compte de LVM et l'activation des volumes groupes déjà présents est automatique lors de l'installation du paquet.

Je veux utiliser la totalité d'un disque, sdc par exemple, puis-je faire pvcreate /dev/sdc (sans numéro de partition) ?

Oui et non… Techniquement, oui, pas de problème. Seulement, le fait que votre disque ne soit même plus partitionné pourrait vous poser problème un jour ou l'autre. Je vous conseille plutôt de créer une seule partition sdc1 (primaire) utilisant tout le disque dur, sans la formater. Ensuite, lancez la commande en utilisant cette partition (pvcreate /dev/sdc1).

On peut vérifier le résultat avec la commande pvdisplay.

Groupe de volumes

Il existe de nombreuses options lors de la création d'un groupe de volumes… Mais continuons de faire au plus simple. Le seul paramètre indispensable sera de lui donner un nom, nous utiliserons les valeurs par défaut pour tout le reste. Pour une raison que j'expliquerai par la suite, donnons-lui un nom très court (2 ou 3 caractères). Par exemple : « mvg » pour « mon vg ».

Pour connaitre la syntaxe de la commande vgcreate (comme pour toutes les autres commandes LVM), tapez simplement son nom :

vgcreate

La syntaxe est donc :

vgcreate VolumeGroupName PhysicalVolume [optionnellement d'autres PhysicalVolume]

Allons-y :

vgcreate mvg /dev/sdc1

Si tout se passe bien, vous avez maintenant un groupe de volumes, contenant un disque physique. Vous pouvez obtenir d'autres informations sur ce groupe de volumes en tapant vgdisplay:

vgdisplay
--- Volume group ---
VG Name               mvg
System ID             
Format                lvm2
Metadata Areas        1
Metadata Sequence No  3
VG Access             read/write
VG Status             resizable
MAX LV                0
Cur LV                2
Open LV               0
Max PV                0
Cur PV                1
Act PV                1
VG Size               186,31 GiB
PE Size               4,00 MiB
Total PE              47695
Alloc PE / Size       15360 / 60,00 GiB
Free  PE / Size       32335 / 126,31 GiB
VG UUID               BaTuai-1I8o-3rkY-Ut1r-ybta-mJnl-9X0oNZ

Volume logique

Nous y voilà… Cette fois-ci, nous allons vraiment créer deux espaces que l'on pourra ensuite « formater » en ext4 par exemple.

Comme précédemment, le plus simple est de commencer par jeter un œil sur la syntaxe de la commande :

lvcreate

Les deux options vraiment importantes sont « -n » pour son nom, et « -L » pour sa taille. Le paramètre principal est « OriginalLogicalVolume ». Il s'agit peut-être d'une erreur dans le manuel (man). En fait, ce qu'il faut indiquer, c'est bien le groupe de volumes dans lequel nous allons créer le volume logique. Pour l'exemple présent, je fais ici deux volumes, 10 Gio et 50 Gio :

lvcreate -n Vol1 -L 10g mvg
lvcreate -n Vol2 -L 50g mvg

Idem, on peut vérifier avec la commande lvdisplay:

~# lvdisplay
--- Logical volume ---
LV Name                /dev/mvg/Vol1
VG Name                mvg
LV UUID                q0D6cQ-mcMP-q8sf-XTlI-DdxX-QHd1-qkaB5J
LV Write Access        read/write
LV Status              available
# open                 0
LV Size                10,00 GiB
Current LE             2560
Segments               1
Allocation             inherit
Read ahead sectors     auto
- currently set to     256
Block device           252:0
 
--- Logical volume ---
LV Name                /dev/mvg/Vol2
VG Name                mvg
LV UUID                JZjMxI-cTAw-cbs6-02BM-4Mev-P2E7-b8JX0x
LV Write Access        read/write
LV Status              available
# open                 0
LV Size                50,00 GiB
Current LE             12800
Segments               1
Allocation             inherit
Read ahead sectors     auto
- currently set to     256
Block device           252:1

Système de fichiers

Avec les partitions, on avait des noms ressemblant à /dev/sda3, etc. Avec LVM, on utilise aussi des périphériques dans /dev, mais le chemin est de la forme /dev/nom_du_vg/nom_du_lv. Autrement dit, puisqu'on a décidé d'appeler nos volumes logiques "Vol1" et "Vol2", les noms de ces périphériques de ce volume logique sont "/dev/mvg/Vol1" et "/dev/mvg/Vol2". À partir de maintenant, /dev/mvg/Volx peut être utilisé dans toutes les situations et avec toutes les commandes qui attendent quelque chose de la forme /dev/… Par exemple :

mkfs -t ext4 /dev/mvg/Vol1
mkfs -t ext4 /dev/mvg/Vol2
mkdir /Essai1
mount /dev/mvg/Vol1 /Essai1
df -h

Et normalement, /dev/mvg/Vol1 devrait être monté sur /Essai. Regardez bien la ligne correspondante. Si on avait choisi un nom de VG ou de LV plus long, la sortie de df aurait été modifiée, car le nom aurait « touché » les valeurs… On aurait été obligé de passer des lignes et l'affichage aurait été plus difficile à lire. Techniquement, choisir des noms « longs » pour les VG et les LV ne pose aucun problème, mais c'est l'affichage qui sera parfois délicat. Pour cette raison uniquement, je préconise de se limiter à 7 caractères au total (donc par exemple 3 pour le VG et 4 pour le LV, ou 2 et 5, comme vous voulez).

Pourquoi est-il écrit /dev/mapper/mvg-Vol1 et non /dev/mvg/Vol1 ?

Avec LVM en version 1, c'est bien /dev/mvg/Vol1 qui aurait été affiché. Depuis la version 2, LVM utilise le périphérique mapper, ce qui permet pas mal de choses (comme chiffrer les volumes logiques, etc.). Pour simplifier, disons que ces deux notations « /dev/mvg/Vol1 » et « /dev/mapper/mvg-Vol1 » sont synonymes. Dans la pratique, il est conseillé quand même d'utiliser plutôt la forme « /dev/mvg/Vol1 », certaines commandes ne passeront pas autrement.

Suppression

Rien de plus simple :

umount /Essai1  # si le volume Vol1 est monté en /Essai1
lvremove /dev/mvg/Vol1

:!: Attention, une fois un volume logique effacé, il est totalement impossible de récupérer les données qu'il contenait.

Redimensionnement

Volume physique

Imaginons maintenant que notre groupe de volume (mvg) n'ait plus suffisamment d'espace libre. On souhaite donc lui rajouter un volume physique afin de rajouter de l'espace libre. Ça tombe bien, on dispose d'un volume physique sdc2 que l'on va pouvoir ajouter à mvg :

On initialise le volume en vue de son utilisation dans LVM :

pvcreate /dev/sdc2

On rajoute le volume sdc2 au groupe de volume mvg :

vgextend mvg /dev/sdc2

Volume logique

Il est très facile d'augmenter ou de diminuer la taille d'un volume logique. Mais attention, la taille d'un LV n'a pas de lien direct avec la taille de ce qu'il contient (swap ou système de fichier). Le LV est une boîte, le système de fichier est le contenu de la boîte. Augmenter la taille de la boîte sans augmenter la taille du contenu ne pose pas de problème, mais l'inverse…

Agrandissement

Bien qu'il soit évidemment moins risqué d'agrandir ou de diminuer la taille d'un système de fichier après l'avoir démonté, la plupart des formats (ext3, reisersfs, ext4…) supportent désormais cette modification "à chaud" (avec des données qui restent donc accessibles en lecture/écriture durant toute l'opération).

Pour ne courir aucun risque, il faut dans l'ordre :

  • démonter le système de fichier ;
  • augmenter la taille du volume logique (la "boîte") ;
  • vérifier que tout est OK ;
  • puis augmenter la taille du système de fichier.

Il ne reste plus qu'à le remonter.

Voilà donc un exemple :

umount /Essai2          # démontage du volume  
e2fsck -f /dev/mvg/Vol2       # vérification du volume
lvresize -L 55g /dev/mvg/Vol2 # redimensionnement du volume
resize2fs /dev/mvg/Vol2       # redimensionnement du système de fichier
mount /dev/mvg/Vol2 /Essai2

Attention : le paramètre '55g' passé à la commande lvresize correspond à la taille totale finale du lv et doit donc être supérieure à la taille originale du lv !

Notez que :

  • Si jamais vous indiquez une taille (ici 55 Gio) inférieure à celle de départ, vous détruirez le système de fichier (toute la partie qui ne « rentrera plus dans la boîte dont vous venez de diminuer la taille ». Donc, indiquez bien une taille supérieure à celle qu'elle avait. (Vous pouvez aussi utiliser la notion « +ng » par exemple pour indiquer +10g ou +100m ou… ) ;
  • J'utilise resize2fs car le système de fichier est en ext4 (ou 3), il faudrait utiliser un autre programme pour reiserfs ou autre ;
  • Si vous obtenez un message d'erreur vous demandant de refaire un fsck (ou un e2fsck ) alors que vous l'avez fait et qu'il n'y a pas d'erreur, il est possible de forcer le redimensionnement (option « -f »). N'utilisez pas cette option dans d'autres circonstances… ;
  • Tous les systèmes de fichiers ne sont pas extensibles de cette façon !

Globalement, la modification à chaud (surtout l'agrandissement !) ne pose vraiment plus de soucis, et les opérations précédentes peuvent donc êtres résumées en :

lvresize -L 55g /dev/mvg/Vol2 # redimensionnement du volume
resize2fs /dev/mvg/Vol2       # redimensionnement du système de fichier

Rétrécissement

Diminuer la taille d'un système de fichier est un peu plus délicat. En effet, si jamais on commet l'erreur de diminuer la taille de la "boîte" (le volume logique) avant de réduire la taille du contenu (le système de fichier lui même) alors on détruit son système de fichier… pareil si on réduit trop la taille du volume logique.

Pour éviter tout risque, je conseille d'utiliser la méthode suivante (un peu plus longue que la normale, mais beaucoup plus fiable) :

  • Réduire la taille du système de fichier plus que nécessaire
  • Réduire la taille du volume logique pour lui donner exactement la nouvelle taille souhaitée.
  • Agrandir le système de fichier pour qu'il occupe tout l'espace disponible.

De cette façon, le risque d'erreur est beaucoup plus faible.

Attention, tous les systèmes de fichiers ne peuvent pas être "réduits". Pour ext3 et reiserfs, cela se fait très bien. Voila un exemple avec reiserfs…

df -h | grep ca
/dev/mapper/svg-ca    512M  230M  283M  45% /home/ca

Dans cet exemple, le volume "ca", se trouve dans le groupe de volume svg. Sur ce volume logique existe un système de fichier en reiserfs d'une taille de 512 Mo. Or, je n'utilise que 230 Mo. De plus, je sais que je n'ajouterai jamais rien dans ce volume. Je désire donc diminuer sa taille à 256 Mo (pour se laisser une marge de sécurité, et parce que ça fait un compte rond ;) Je commence par démonter le système de fichier :

umount /home/ca

Ensuite je vais donc diminuer la taille du système de fichier, plus que nécessaire. Plutôt que de retirer 256 Mo, je vais donc en retirer 258. Je peux le faire, car il reste 283 Mo de libre… Evidemment, retirer plus de place qu'il n'en reste serait suicidaire…

e2fsck -f /dev/mvg/toto
resize_reiserfs -s -258M /dev/svg/ca

ATTENTION : Si vous êtes en ext3, on ne peut pas indiquer la quantité d'espace à enlever, il faut donner la taille finale voulue (512-258). la bonne commande aurait été :

e2fsck -f /dev/mvg/toto
resize2fs -p /dev/svg/ca 254M

Remarque : On notera l'utilisation de e2fsck pour vérifier l'intégrité de sa partition et la continuité des données.

Maintenant que le système de fichier a diminué, il faut donner au volume logique sa nouvelle taille, 256 Mo au lieu de 512 (ATTENTION : le paramètre "-256M" de la commande lvresize signifie que l'on enlève 256 Mo au volume logique et non pas que l'on fixe sa taille à 256 Mo) :

lvresize -L -256M /dev/svg/ca
  WARNING: Reducing active logical volume to 256.00 MB
  THIS MAY DESTROY YOUR DATA (filesystem etc.)
Do you really want to reduce ca? [y/n]: y
  Reducing logical volume ca to 256.00 MB

Plus qu'une dernière étape, on indique au système de fichier qu'il peut s'étendre automatiquement pour prendre tout l'espace disponible. Il devrait donc pouvoir grandir de 2 Mo. Il trouvera tout seul la taille exacte en nombre de blocs etc… On n'a pas pris le risque de faire une erreur en le réduisant "pile poil" de la même taille que le volume logique, car la moindre erreur aurait pu corrompre le système de fichier à quelques blocs près.

resize_reiserfs /dev/svg/ca

ou, si vous utilisez ext3 :

resize2fs /dev/svg/ca

Il ne reste plus qu'à remonter le système de fichier :

mount /dev/svg/ca /home/ca
df -h | grep ca
/dev/mapper/svg-ca    256M  230M   27M  90% /home/ca

C'est gagné… Le système de fichier fait maintenant 256 Mo, et nous avons toujours nos 230 Mo de données à l'intérieur. Conclusion : Jouer avec la taille des volumes logiques fonctionne très bien, il faut juste prendre son temps et ne pas faire n'importe quoi :)

Snapshot

Comprendre la magie du Snapshot LVM :

Pourquoi donner une taille au snapshot ? Tout simplement parce que celui-ci est intelligent, donc il ne va pas copier l'intégralité du LV original. Au contraire, il ne va stocker que les différences. C'est pourquoi il est instantané et commence avec une occupation taille nulle. La commande lvdisplay permet de voir l'évolution de la taille.

Avec LVM 1, les instantanés sont en lecture seule. Ils fonctionnent par l'utilisation d'une table d'exception qui trace les blocs modifiés : lorsqu'un bloc est modifié sur la source, il est d'abord copié dans l'instantané, marqué comme modifié dans la table d'exceptions et ensuite modifié sur le volume source avec les nouvelles données.

Avec LVM 2, les instantanés sont par défaut en lecture/écriture. Le fonctionnement est similaire aux instantanés en lecture seule avec la possibilité supplémentaire d'écrire sur l'instantané : le bloc est alors marqué comme utilisé dans la table d'exceptions et ne sera plus récupéré du volume source. Cela ouvre de nouvelles perspectives par rapport au fonctionnement en lecture seule de LVM 1. Par exemple, on peut faire l'instantané d'un volume, le monter et tester un programme expérimental qui modifie les fichiers dessus. Si le résultat n'est pas satisfaisant, on peut le démonter, le supprimer et remonter le système de fichiers originel à la place. C'est aussi utile pour créer des volumes utilisés avec Xen. Vous pouvez créer une image disque et en faire un instantané que vous pourrez modifier avec une instance spécifique de domU. Vous pourrez ensuite créer un autre instantané de l'image originale et le modifier avec une autre instance de domU. Comme les instantanés ne stockent que les blocs modifiés, la majeure partie du volume sera partagée entre les domUs.

Création d'un snapshot LVM

lvcreate -L 10g -s -n lv_test_20110617 /dev/vg_data/lv_test

Va créer un snapshot du LV "lv_test" à la taille de 10Go qui va avoir comme nom "lv_test_20110617". Attention, la taille d'utilisation du snapshot évolue avec l'utilisation. Si ce snapshot se retrouve rempli à 100%, il devient alors inutilisable (état "INACTIVE") mais pas d’inquiétude car il n'y a pas d’impact pour le LV d'origine.

Redimensionnement du snapshot

La taille du snapshot est trop petite et elle arrive bientôt à 100%, pourtant vous avez encore besoin d'utiliser ce snap ? Il faut donc redimensionner ! Vérifier avec vgdisplay que le VG dispose encore d'assez d'espace libre (Free PE / Size) puis effectuer :

lvresize -L +3GB /dev/vg_data/lv_test_20110617

Va ajouter 3Go au snap lv_test_20110617 qui est présent dans le VG vg_data.

Fusionner un snapshot

Le but ici est de fusionner un snapshot modifié vers le LV d'origine. Pour ainsi dire, "faire que les modifications apportées sur le snapshot se retrouvent sur le LV d'origine".

lvconvert --merge /path/to/dev/snap

Attention : vous avez besoin d'un kernel (>=2.6.33)

Changement d'un disque défectueux

Votre disque /dev/sda présente des signes de faiblesse (signalés par SMART, par la présence de nombreux fichiers dans les dossiers "lost + found" de vos partitions). Vous désirez le remplacer par un disque neuf, de taille plus importante (surtout pas plus petite !), que vous avez installé dans la machine (ou sur un port USB) et qui est reconnu par le système comme étant /dev/sdb.

Principe

Supposons que votre disque initial (/dev/sda) ait été formaté ainsi : /dev/sda1 est une partition primaire, de type bootable, montée sur /boot. /dev/sda2 est une partition étendue, contenant la partition logique /dev/sda5 de type lvm2.

Vous avez besoin de copier /dev/sda1 sur une partition /dev/sdb1, et /dev/sda5 sur une partition /dev/sdb5.

Vous allez utiliser l'outil GParted pour préparer le disque /dev/sdb et copier la partition de boot. Gparted ne gérant pas lvm2, nous utiliserons la ligne de commande pour la copie de /dev/sda5.

Avec GParted

Lancez Gparted (Système → Administration → Editeur de partitions GParted). Les partitions de votre disque /dev/sda s'affichent. Notez la taille de /dev/sda1, ainsi que son filesystem (ext2/ext3/ext4).

Passez au disque /dev/sdb. Créez-y une nouvelle partition primaire /dev/sdb1, de taille légèrement supérieure à celle de /dev/sda1. "Appliquez" pour que la création soit effective, puis modifiez (par clic droit) les drapeaux de /dev/sdb1 pour rendre cette partition bootable. Créez une partition étendue /dev/sdb2, occupant le reste du disque. Sur cette partition, créez une partition logique /dev/sdb5 non formatée. "Appliquez" pour que vos créations soient effectives.

Repassez au disque /dev/sda. Cliquez-droit sur /dev/sda1 et choisissez "Démonter" puis "Copier". Repassez au disque /dev/sdb. Cliquez-droit sur /dev/sdb1 et choisissez "Coller" (ou "Paste"). "Appliquez" à nouveau. Fermez GParted.

En ligne de commande

Remontez votre partition de boot :

sudo mount /boot

Faites un scan des volumes physiques de LVM :

sudo pvscan 
  PV /dev/sda5   VG delphy   lvm2 [148,81 GiB / 4,87 GiB free]
  Total: 1 [148,81 GiB] / in use: 1 [148,81 GiB] / in no VG: 0 [0   ]

Cela signifie que le volume physique (PV) /dev/sda5 est inclus dans le groupe de volumes (VG) nommé ici delphy (bien sûr le vôtre porte un autre nom).

Déclarez /dev/sdb5 comme volume physique :

sudo pvcreate /dev/sdb5
  Physical volume "/dev/sdb5" successfully created

Vérifiez qu'il existe bien, mais n'est pas encore attribué à un groupe de volumes :

sudo pvscan 
  PV /dev/sda5   VG delphy          lvm2 [148,81 GiB / 4,87 GiB free]
  PV /dev/sdb5                      lvm2 [465,47 GiB]
  Total: 2 [614,28 GiB] / in use: 1 [148,81 GiB] / in no VG: 1 [465,47 GiB]

Attribuez /dev/sdb5 à votre groupe de volumes (ici delphy). Ce groupe de volumes est "étendu" à /dev/sdb5 :

sudo vgextend delphy /dev/sdb5
  Volume group "delphy" successfully extended

Vérification :

sudo pvscan 
  PV /dev/sda5   VG delphy   lvm2 [148,81 GiB / 4,87 GiB free]
  PV /dev/sdb5   VG delphy   lvm2 [465,46 GiB / 465,46 GiB free]
  Total: 2 [614,27 GiB] / in use: 2 [614,27 GiB] / in no VG: 0 [0   ]

Lancez enfin le déplacement des données, du volume physique /dev/sda5 vers le volume physique /dev/sdb5 :

sudo pvmove /dev/sda5 /dev/sdb5
  /dev/sda5: Moved: 0,3%
  /dev/sda5: Moved: 0,7%
  /dev/sda5: Moved: 1,0%
  /dev/sda5: Moved: 1,3%
  ...  
  /dev/sda5: Moved: 99,8%
  /dev/sda5: Moved: 100,0%

Attention, l'opération peut prendre du temps (plusieurs heures pour les grosses partitions), suivant la taille des données à transférer, la rapidité des disques, etc.

Vérifiez que le contenu de /dev/sda5 a bien été transféré sur /dev/sdb5 :

sudo pvscan 
  PV /dev/sda5   VG delphy   lvm2 [148,81 GiB / 148,81 GiB free]
  PV /dev/sdb5   VG delphy   lvm2 [465,46 GiB / 321,53 GiB free]

En effet, la totalité de /dev/sda5 est libre, et /dev/sdb5 est occupée par les données transférées.

Supprimez /dev/sda5 du groupe de volumes delphy :

sudo vgreduce delphy /dev/sda5
  Removed "/dev/sda5" from volume group "delphy"

Vérifiez :

sudo pvscan 
  PV /dev/sdb5   VG delphy          lvm2 [465,46 GiB / 321,53 GiB free]
  PV /dev/sda5                      lvm2 [148,81 GiB]
  Total: 2 [614,28 GiB] / in use: 1 [465,46 GiB] / in no VG: 1 [148,81 GiB]

Enlevez le disque des volumes physiques :

sudo pvremove /dev/sda5
  Labels on physical volume "/dev/sda5" successfully wiped

Vous pouvez désormais enlever le disque.

Finalisation

Réinstallez GRUB sur le MBR de votre disque dur :

sudo grub-install /dev/sdb

Eteignez votre ordinateur, enlevez l'ancien disque et remplacez-le par le nouveau, au niveau des branchements.

Mieux comprendre ou aller plus loin

Notion d'« extend »

Un extend, ou « physical extend » aussi appelé « PE », est un tout petit morceau d'un groupe de volumes. En fait, au moment de la création d'un groupe de volumes, le ou les disques sont découpés en morceaux de quelques Mio (4 Mio par défaut). Lorsqu'on crée un volume logique, LVM va utiliser autant de PE que nécessaires. La taille d'un volume logique sera donc toujours un multiple de la taille d'un PE.

Glossaire

abréviationanglaisfrançaisdescription
VGVolume Group Groupe de Volumes
LVLogical VolumeVolume Logique une "partition" dans un groupe de volumes
PVPhysical VolumeVolume Physique
PEPhysical Extend un tout petit morceau d'un groupe de volumes

LVM et RAID

Il est tout à fait possible d'utiliser LVM sur un volume en RAID logiciel. Une fois que le RAID a été créé (/dev/md0 par exemple), il suffit de le donner à LVM, avec la commande habituelle :

pvcreate /dev/md0

Bien qu'il soit possible de partitionner le raid /dev/md0 comme n'importe quel disque ordinaire (ce qui permet d'obtenir des devices de la forme /dev/md0p1, /dev/md0p2 etc), je vous le déconseille vivement. En effet le but est bien d'utiliser LVM pour découper l'espace, et plus l'ancienne notion de partition physique. De plus, l'utilisation de ces partitions nécessiterait des changements dans la configuration de LVM (filter dans /etc/lvm/lvm.conf). Bref, C'est se donner du mal pour pas grand chose.

Donc comme le montre la commande plus haut, le mieux est de donner l'intégralité du RAID. Un exemple de création de RAID est donné sur la page ad hoc.

Vous pouvez aussi aller voir le tutoriel installation_raid_lvm

LVM mirroir

Convertir un LVM en mirroir

lvconvert -m 1 Volume_Group/Logical_Volume /dev/sdx1 /dev/sdy1

ou /dev/sdx1 est la partition LVM miroir à ajouter et /dev/sdy1 est la partition LVM de journalisation du miroir

Voir l'état du miroir

lvs -a -o +devices
LV                          VG                   Attr  LSize    Origin Snap%  Move Log                   Copy%    Convert Devices                          
Logical_Volume              Volume_Group mwi-a-        465.00g                     Logical_Volume_mlog   1.56             Home_mimage_0(0),Home_mimage_1(0)
[Logical_Volume_mimage_0]   Volume_Group Iwi-ao        465.00g                                                            /dev/sdw1(0)                     
[Logical_Volume_mimage_1]   Volume_Group Iwi-ao        465.00g                                                            /dev/sdx1(0)                     
[Logical_Volume_mlog]       Volume_Group lwi-ao        4.00m                                                              /dev/sdy1(0)

Interface graphique pour LVM

Il existe une interface graphique pour LVM, qui permet de manipuler les volumes logiques : system-config-lvm. (disponible dans les dépôts de la 11.04).

Attention néanmoins, celle-ci applique DIRECTEMENT les changements, vérifiez donc bien ce que vous faites, ainsi que le disque sur lequel vous appliquez vos modifications, sans quoi vous risquez de perdre irrémédiablement vos données.

Références


Contributeurs : Koshie-2.0, claudiux (remplacement disque défectueux) ; merci à Ner0lph et à tous les autres correcteurs :)



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